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Appel à articles ouvert jusqu'au 15/10/2018

La santé, miroir des capitalismes ?

Ouvert jusqu'au 15/10/18

Les transformations contemporaines du monde de la santé, notamment dans les pays occidentaux, apportent un éclairage exemplaire sur les mutations des capitalismes. Cet appel à articles vise à interroger les rapports ambigus entre santé et capitalisme. Il suggère de le faire dans trois perspectives.

Une première perspective vise à apprécier la place et le rôle de la santé dans le développement capitaliste : quel est l’ancrage capitaliste de l’activité économique de santé ? Loin de n’être qu’un effet du développement, la santé est envisagée, dans cette perspective, comme un déterminant de l’extension du domaine capitaliste. Quelles formes prennent les nouveaux modèles socio-économiques de développement de la santé ? Quelles analyses de la construction sociale des marchés et/ou la construction sociale des prix de la santé, de l’hébergement médical, des médicaments ou encore des marchés d’assurance santé peuvent-être proposées ? Entre espace de financiarisation et espace de commun, le secteur économique de la santé peut dire quelque chose des transformations des capitalismes.

Une deuxième perspective fait de la santé un critère de jugement de l’évolution des sociétés capitalistes. Divers travaux de sciences sociales établissent des liens entre les mutations profondes des marchés du travail et des systèmes de production d’une part et la santé des populations d’autre part. C’est le cas par exemple des liens entre la question sociale du chômage, et sa transformation en problème de santé individuelle et de santé publique, soit qu’on se limite conventionnellement à la perte de bien-être matériel liée à celle du revenu, soit que l’on tienne compte de la multi-dimensionnalité des perspectives de santé : santé mentale et estime de soi, ou santé physique et incidences sur l’espérance de vie, l’augmentation des risques suicidaires, ou les décès liés à des maladies contingentes (etc.). Si les inégalités sociales de santé sont maintenant bien documentées, des recherches suggèrent des liens étroits entre pauvreté et santé et, de manière plus originale, entre inégalités économiques et santé globale de la population. D’autres encore tentent d’établir un lien entre efficacité des politiques économiques (d’austérité par exemple, ou de relance) et santé de la population.  D’autres encore, le lien entre les crises migratoires et environnementales et crises sanitaires. L’hypothèse peut être formulée d’une santé comme étalon de jugement de l’évolution des mondes capitalistes. Des regards croisés, multidimensionnels et multidisciplinaires, mais aussi comparatifs, peuvent ainsi être mobilisés pour estimer l’efficacité au prisme de la santé, des dynamiques économiques en cours, et/ou des politiques sociales, environnementales ou économiques à un niveau méso ou macro-économique. Voire, pour jauger de la capacité des stratégies d’entreprise à produire ou à détruire de la santé.

La santé, les acteurs et institutions qui la structurent, sont encastrés dans des logiques sociales, mais aussi, pour des raisons qui tiennent à leur histoire et à leur place dans les représentations, dans des logiques morales, éthiques et déontologiques. Les valeurs du monde de la santé ne sont pas réductibles à celles du capitalisme. C’est pourquoi on retrouve dans ce secteur des institutions fondées sur d’autres principes comme la mutualité, la sécurité sociale, etc. C’est une troisième perspective de cet appel à articles. Dans quelle mesure le monde de la santé et ses recompositions offrent-ils, ou non, une critique puissante et possiblement renouvelée du capitalisme, ou des opportunités pour son dépassement ? Par quels dispositifs institutionnels, par quels modes de coordination cette critique se révèle-t-elle en pratique? Comment les acteurs économiques, politiques et sociaux, mais aussi les différents groupes professionnels du monde de la santé organisent-ils, ou non, cette critique ?

Au total, l’appel se centre sur les recompositions du monde de la santé au regard des mutations des capitalismes. Il est ouvert à toute perspective notamment historique, gestionnaire, sociologique ou économique.

Date limite d’envoi des textes : 15 juin 2018.

Les articles, d’une longueur maximale de 60 000 signes (espaces et notes de bas de page compris), doivent parvenir par voie électronique à : rf-socioeconomie@univ-lille1.fr. Ils doivent impérativement être présentés selon les normes éditoriales de la revue (cf. rubrique Soumettre un article : http://rfse.univ-lille1.fr/fr/soumettre-un-article).

 

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