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Sociologie et économie des biens symboliques

Ce projet de numéro de La Revue française de socio-économie vise à ouvrir une discussion entre la sociologie et l’économie, sur des terrains qui conservent des traits des économies pré-capitalistes ou qui ne répondent qu’incomplètement aux modèles de marchés où les agents cherchent à maximiser leurs intérêts matériels et où l’équilibre entre l’offre et la demande s’opère par les prix. Ces terrains (la culture, la religion, la santé, la famille, etc.) ont longtemps été des objets privilégiés de la sociologie. Ils sont de plus en plus investis par une économie d’inspiration néo-classique. Une « économie de la culture » s’est, par exemple, fortement développée ces deux ou trois dernières décennies, et s’est institutionnalisée.

Les sociologues, pour autant, continuent d’étudier ces terrains dans les traditions qui sont les leurs et l’influence des travaux de Pierre Bourdieu, ou plus récemment « l’économie des singularités » proposée par Lucien Karpik, alimentent des débats avec l’économie « standard ». En sociologie de la culture en particulier, la perspective de « l’économie des biens symboliques » a inspiré, de façon directe ou indirecte, beaucoup de travaux qui étudient les échanges économiques auxquels donnent lieu, notamment, les biens culturels, mais en les abordant d’une façon spécifique. Ils y voient d’abord des biens symboliques qui importent pour ce qu’ils représentent pour les groupes et les agents sociaux. Ces biens économiques « pas comme les autres » sont investis de croyances collectives et donnent lieu à des stratégies qui sont marquées par des formes de désintéressement, de dénégation de l’économie, des stratégies de maximisation dont l’enjeu principal n’est pas toujours l’intérêt matériel privilégié par la théorie néo-classique. Ces travaux accordent une importance centrales au jugement, au rôle des critiques qui ne retiennent que marginalement l’attention des économistes, alors qu’ils semblent jouer un rôle majeur dans la compréhension de l’économie de ces secteurs.

Contre les séparations disciplinaires habituelles, ce numéro veut faire apparaître qu’il y a des enjeux essentiels dans ces travaux pour un débat entre les deux disciplines. « L’économie des biens symboliques » ne vise pas seulement à ouvrir une analyse sociologique des biens culturels mais entend fonder une « économie élargie » remédiant aux limitations de la théorie néo-classique. Les auteurs sont invités à développer ce qui, dans les recherches présentées, contribue à un débat avec les approches développées par « l’économie standard ». Si les spécialistes de la culture sont sollicités, des travaux portant sur d’autres domaines (la santé, la religion, …) sont également bienvenus pour ce numéro qui recouvrira nécessairement une interrogation sur la notion de « bien symbolique » et sur son extension (on peut en effet se poser la question de savoir si tous les biens, même les plus « matériels », ne sont pas analysables comme des « biens symboliques »).

Date limite d’envoi des articles : 15 juillet 2011

Les articles d’une longueur maximale de 60 000 signes espaces comprises, doivent parvenir par voie électronique à l’adresse suivante : rf-socioeconomie[at]univ-lille1.fr. Ils doivent impérativement être présentés selon les normes formelles de la revue (cf. Les consignes aux auteurs.).

Secrétaire de rédaction de la RFSE,
Guillaume Yvan,
bureau 205 bâtiment SH2 CLERSE
(USTL Lille1, 59 655 Villeneuve d’Ascq Cedex)

rf-socioeconomie[at]univ-lille1.fr