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Appel à articles : Les crises de la grande distribution

La grande distribution a émergé du besoin d’industrialiser l’écoulement des produits dans le cadre d’une économie fordienne fondée sur l’articulation entre production de masse et consommation de masse. Au cours des années soixante et soixante-dix, les producteurs sont devenus des fournisseurs dépendants de leur référencement par les groupes de distribution pour vendre leurs marchandises. Les clients ont laissé place aux consommateurs dont les goûts, les habitudes et les modes de vie sont modifiés par les orientations du secteur. Cet âge d’or de la grande distribution a pris fin dans les années 1990, près de trois décennies après l'entrée en crise du fordisme industriel. L'arrivée à maturation du secteur avec la constitution d'un nouveau maillage territorial de l'appareil commercial coïncide dans de nombreuses filières avec un basculement du rapport de force économique depuis la production en amont vers un segment de la distribution en aval fortement concentré. Les liens avec les fournisseurs se redéfinissent, les modes de consommation se transforment. Les hypermarchés cèdent leur place à des formats plus modestes, les produits standardisés à des gammes élargies censées s’adapter à un public plus diversifiés et finalement le commerce de masse à un commerce de précision. Parallèlement et de façon apparemment contradictoire, les enseignes de hard discount, leur prix bas et leur offre réduite se développent massivement. Conditionnées à la fois par les modèles productifs industriels et les caractéristiques sociales et culturelles des consommateurs, les formes de développement du secteur les modifient aussi en retour.

Espace de réalisation de la plus-value industrielle en raison de sa position d’intermédiaire entre la production et les consommateurs, acteur majeur des marchés du travail et de la tertiarisation des économies occidentales, secteurs pleinement saisi par la logique de valorisation actionnariale, la grande distribution apparaît comme un secteur fortement encastré dans le monde social et très dépendant de la conjoncture économique et sociale, un miroir grossissant des mutations du capitalisme contemporain.

Ouvert à l’ensemble des disciplines des sciences sociales, cet appel à contribution se propose d'explorer les transformations du secteur en croisant deux types de perspective.

La première entend aborder la grande distribution à travers le prisme de la première grande crise économique du 21ème siècle, c'est-à-dire, d'une part, dans le cadre des mécanismes qui ont nourri la maturation de la crise (notamment la montée en puissance du secteur financier) et, d'autre part, dans les réajustements auxquels les distributeurs ont du procéder en réaction aux chocs financiers et économiques depuis 2007. En un mot, comment les multiples points d’encastrement du secteur dans l’espace économique et social s'inscrivent-ils dans le processus d’entrée en crise du capitalisme ?

La seconde approche entend davantage rendre compte des logiques historiques et sociologiques de mutation endogène de la grande distribution en lien avec l'évolution des modes de consommation. Il s'agit ici d'insister sur les trajectoires longues des dispositifs marchands du grand commerce dans leurs dimensions organisationnelle, sociale mais également technique, tant du point de vue des firmes que des travailleurs du secteur et des consommateurs. Dans quelle mesure les bouleversements contemporains constituent-ils une rupture dans les dispositifs liant production et consommation ?

Les contributions soumises peuvent s'inscrire dans l'une ou l'autre de ces perspectives, ou bien articuler les deux dimensions. Dans tous les cas, une attention particulière sera attachée au fait que ces propositions permettent de mettre en évidence les contradictions qui travaillent le secteur et de pointer les enjeux sociaux économiques mais aussi politiques qui y sont associés.

Date limite d’envoi des articles : 30 juin 2014

Les articles d’une longueur maximale de 60 000 signes espaces comprises, doivent parvenir par voie électronique à l’adresse suivante : rf-socioeconomie[at]univ-lille1.fr. Ils doivent impérativement être présentés selon les normes formelles de la revue (cf. Les consignes aux auteurs.).

Secrétaire de rédaction de la RFSE,
Guillaume Yvan,
bureau 205 bâtiment SH2 CLERSE
(USTL Lille1, 59 655 Villeneuve d’Ascq Cedex)

rf-socioeconomie[at]univ-lille1.fr