Partenaires

CNRS
Université Lille 1
Clersé UMR8019
Université de Paris 1
Matisse IUF
MESHS


Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > Appels à articles > Quantifier

Quantifier

Appel à articles pour la Revue française de socio-économie :
Quantifier


Si les controverses récentes autour de la mesure de « réalités sociales » (le « chômage », la « pauvreté », ou les évaluations controversées du « progrès » et du « bien- être », etc.), et de pratiques ou d’activités (indicateurs de performance des services publics par exemple), ont pu un temps bousculer les catégories établies, elles n’ont pas toujours débouché sur l’engagement de réflexions qui auraient permis de comprendre leur fondement et, éventuellement, de remettre en cause leur légitimité, en renouvelant par exemple les alliances intellectuelles, économiques ou politiques au principe de leur existence.

La quantification, entendue ici dans une acception suggérée par Alain Desrosières, comme un double effort qui consiste à convenir et mesurer, n’est évidemment pas nouvelle, et n’a pas toujours été l’objet d’inquiétudes qu’on lui porte parfois. Ses premiers développements d’envergure au XIXe siècle ayant au contraire été le fait d’une avant-garde sociale ou médicale. On trouve ainsi des revues d’histoire qui leur dédient, souvent pour le meilleur, leurs réflexions (par exemple en 2005 les numéros concordants de Genèses, n°58, et Histoire et mesure, vol XX, n°3-4).

La RFSE souhaite consacrer l’un de ses numéros à discuter les cadres des réflexions que ces controverses suggèrent d’engager.

En premier lieu, il convient de circonscrire le sujet : faut-il rassembler dans une même réflexion toutes les formes de quantification ? Mesurer, évaluer, quantifier, voire calculer… S’agit-il de la même chose ? Du calcul mathématique à partir de catégories, classements ou nomenclatures, pris comme données, aux processus évaluatifs dont l’objectif est autant de coconcevoir, de donner du sens, d’interpréter, voire d’interpeller, quels ponts, quelles passerelles envisager ? Et, de manière plus ambitieuse encore, si des passerelles permettent de rassembler ces objets, ne fournissent-elles pas l’occasion de processus de réunification ou de collaboration interdisciplinaire autour de la « mesure en sciences sociales » ?

C’est l’objet de ce (large) appel à articles dont les ambitions pourront donc être épistémologiques, conceptuelles ou empiriques autour des conventions de la statistique, de la comptabilité, du calcul…

Epistémologiques

La quantification est-elle un processus qui permet des collaborations entre différentes disciplines des sciences sociales ? Ou, au contraire, doit-on faire le constat d’un impossible dialogue ? Comment s’imbriquent, dans les pratiques des chercheurs, dans l’action publique (le « gouvernement par les nombres », les pratiques de benchmarking qui lui sont souvent adossées, etc.) mais aussi dans celles des acteurs dans l’économie, les processus de calcul économique et les processus évaluatifs sur la base de délibérations démocratiques ? Doit-on refuser la quantification ? Pour quels motifs ?

Conceptuelles.

Dans les sciences sociales, comme dans les pratiques des acteurs économiques, comment est abordée la quantification ? Qu’est-ce qui est quantifié ? Qu’est-ce qui ne l’est plus ? Pour quels avantages, dans quelles limites ?… La quantification est-elle un outillage de l’action individuelle ? De l’action collective ? Des analyses démonstratives d’expériences de quantification comme processus performatifs pourraient être proposées. Sous cette thématique pourrait avantageusement être envisagé le rôle des processus contemporains dits de mondialisation qui ont pu concourir ces dernières années à une standardisation du cadre conceptuel de la réflexion économique ou sociologique. La mondialisation a-t-elle d’abord été celle des cadres invisibles de la pensée que sont les catégories de ce qui doit être quantifié ?

Empiriques

On peut envisager des articles qui proposeraient un regard sociologique sur des entreprises de quantification victorieuses ou, au contraire, sans lendemain, qui mettraient en lumière les dimensions politiques et culturelles des entreprises de rationalisation économique. La mise en perspective historique ou encore comparative entre plusieurs territoires – ou échelons de territoires – serait appréciée, tout comme seraient bienvenus des récits d’expériences d’évaluations innovantes, lorsqu’elles permettent la mise en contexte des conventionnements autour de la production et de l’usage des données, en particulier : expériences réflexives d’évaluation de politiques publiques, expériences locales de construction de processus démocratiques autour de la production et de l’usage des statistique, expériences empiriques de pratiques d’acteurs dans l’économie.

Date limite d’envoi des articles : 15 juillet 2009

Les articles d’une longueur maximale de 60 000 signes espaces comprises, doivent parvenir par voie électronique à l’adresse électronique suivante : rf-socioeconomie[at]univ-lille1.fr. Ils doivent impérativement être présentés selon les normes formelles de la revue. Celles-ci peuvent être téléchargées sur le site de la Revue française de socio-économie : http://www.rfse.univ-lille1.fr

Les consignes aux auteurs.

Secrétaire de rédaction de la RFSE,
Guillaume Yvan,
bureau 205 bâtiment SH2 CLERSE
(USTL Lille1, 59 655 Villeneuve d’Ascq Cedex)

rf-socioeconomie[at]univ-lille1.fr